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Je m’appelle Stéphanie Vuilquez. Je suis une femme de plus de 50 ans, militante féministe passionnée par la justice sociale, thérapeute psycho-corporelle et intervenante féministe.
Donner du sens à ma vie professionnelle auprès des femmes est le fruit d'un cheminement à la fois personnel, militant et thérapeutique.
Mon parcours : de l’engagement à l’expertise
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Une double réalité : Ayant moi-même traversé les violences sexuelles dans l’enfance et à l’âge adulte, ainsi que la violence au sein de plusieurs couples, je connais intimement les conséquences de ces traumatismes.
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La reconversion : Après des années d'engagement bénévole au sein d'associations de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, j’ai opéré une reconversion professionnelle en 2020 pour devenir thérapeute en libéral.
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Un héritage fier : J'assume avec fierté l'expertise et le matrimoine des associations féministes historiques, notamment le CFCV (Collectif Féministe Contre le Viol) dont j'ai reçu les enseignements.
Qu’est-ce que l’intervention féministe ?
L’intervention féministe n'est pas une thérapie classique : c'est une approche qui refuse de rendre les femmes malades de ce qu'elles subissent.
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Vous n'êtes pas malade, vous êtes opprimée : Les violences (qu'elles soient psychologiques, physiques, sexuelles ou économiques) découlent d'une volonté masculine de domination, de contrôle et de soumission. Les femmes ne naissent pas vulnérables, elles sont placées en situation de vulnérabilité par le système.
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Refuser la double peine (la victimisation secondaire) : 9 victimes de viol sur 10 connaissent leur agresseur (conjoint, proche, collègue, voisin…). Pourtant, la société utilise trop souvent des "mots-poisons" et les stéréotypes de la culture du viol pour culpabiliser les victimes.
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Une alliance sans risque : Mon cabinet est un espace de déconstruction totale de cette complicité sociale. Ici, la responsabilité entière est remise sur l'agresseur, et vos symptômes sont accueillis pour ce qu'ils sont : les conséquences normales d'une violence anormale.
L’accompagnement solidaire au procès ⚖️
Parce que la justice est souvent un terrain difficile et isolant pour les femmes, je propose un soutien féministe et moral à celles qui décident d’aller en justice (distinct de l’assistance juridique des avocat·e·s) :
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Avant le procès : Préparer les documents, expliquer le déroulement de l'audience et désamorcer les craintes.
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Pendant le procès : Être présente dans la salle, vous soutenir par le regard et parfois constituer un comité de soutien visible pour briser définitivement la stratégie d'isolement des agresseurs.
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Après le procès : Débriefing émotionnel, aide à la compréhension de la décision et poursuite du cheminement thérapeutique.
Mon positionnement éthique : Être à vos côtés sans jugement, sans stéréotypes, pour briser le silence et restaurer votre puissance.
📞 Ressources utiles que je soutiens :
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Ligne "Viols Femmes Informations" (gérée par le CFCV depuis 1985) : 0800 05 95 95
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Ligne "Violences sexuelles dans l'enfance" (créée avec la Ciivise en 2021) : 0 805 802 804
Le corps comme espace de résistance
Ma première vie professionnelle a été consacrée à ma passion d'enfance : la danse. Pendant 12 ans, comme danseuse et professeuse, le corps a été mon moyen de survie, de résilience et d'expression face aux violences subies.
À 29 ans, je suis devenue mère solo. Pour élever ma fille et faire face aux défaillances paternelles et financières, j'ai intégré l'administration publique. C’est là que s'est éveillé mon engagement syndical pour l'égalité salariale et contre les violences au travail.
Mettre des mots sur l'impensable
C'est à l'âge de 39 ans, suite à un viol par soumission chimique commis par un collègue, que j'ai entamé ma première psychothérapie. Ce parcours m'a permis de reconnecter les pièces du puzzle de mon histoire :
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Les violences intrafamiliales : Comprendre que le premier lieu de violence (éducative, psychologique et misogyne) avait été ma famille nucléaire.
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La levée d'amnésie traumatique : Libérer la mémoire d'un inceste subi à l'âge de 15 ans par un proche de la famille.
Le déni et l'amnésie traumatique sont des mécanismes biologiques de protection indispensables pour survivre lorsque l'agresseur est un proche à qui l'on faisait confiance.
La sororité et le féminisme comme remèdes
Si j'ai survécu à ce cataclysme intérieur, c'est grâce à deux piliers essentiels :
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Mes amies : Dont la patience et la douceur m'ont rappelé ma valeur.
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L'expertise des associations féministes : En particulier le CFCV (Viols Femmes Informations). Leurs écoutantes m'ont délivré les seuls mots qui réparent : « Je vous crois, il n’avait pas le droit, la loi l'interdit, vous avez bien fait d’appeler. »
Les violences et leurs conséquences ne sont enseignées ni en médecine, ni en psychologie classique : elles ne sont enseignées qu'en féminisme. Les traumas ne sont pas des maladies, ce sont des troubles provoqués par des agresseurs.
Un engagement militant et institutionnel
Forte de ces prises de conscience, j'ai choisi de me former et d'agir concrètement :
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Au travail : J'ai animé des actions de prévention contre le harcèlement sexuel. Même mon statut d'experte n'a pas empêché des collègues masculins de me cibler — preuve que la culture du viol s'attaque à toutes les femmes.
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Dans le tissu associatif : Ancienne membre du CA de Solidarité Femmes Côte d'Or (réseau 3919) et co-fondatrice du Réseau Non Bourgogne.
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Par l'auto-éducation : Nourrie par les travaux de Muriel Salmona (sur le TSPT), Lucile Peytavin, Gisèle Halimi, ou encore Andrea Dworkin.
Briser le cycle de répétition
Les statistiques sont claires : lorsqu'on a déjà été victime, le risque de subir de nouvelles violences est démultiplié. De plus, l'agresseur est un proche dans l'immense majorité des cas (94 % chez les mineures, 83 % chez les majeures), ce qui mure les victimes dans le silence et la culpabilité.
L'entourage joue un rôle crucial : un soutien médiocre aggrave les symptômes, tandis qu'un accueil déconstruit et bienveillant permet la croissance post-traumatique.
C’est pour cela que je vous accueille aujourd’hui, forte de mes combats, dans mon cabinet à Dijon, en téléconsultation ou en groupe. Un cocon de douceur en totale sécurité, pour transformer la douleur en puissance.
💡 Les mots-clés de mon histoire
Corps-conscience | Amnésie traumatique | Résistance | Domination systémique | Sororité | Justice sociale | Soumission chimique | Post-traumatisme | Viol | Crimes sexuels